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Sciences de la Vie · BAC — Immunité

Réponse Immunitaire Spécifique

Cours complet : le Soi / Non-Soi, les lymphocytes, la RIMH et la RIMC — préparation au Baccalauréat Sciences

SVT Ghediri · Sahl
Sciences
Immunité
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RIMH
/
RIMC

Cours : Réponse Immunitaire Spécifique

Source : SVT Ghediri — Bac Sciences Tunisie. Cours complet avec schémas, tableaux et explications détaillées.

L'immunité peut être définie comme l'ensemble des mécanismes biologiques permettant à un organisme de reconnaître et de tolérer ce qui lui appartient (le Soi) et de reconnaître et de rejeter ce qui lui est étranger (le Non-Soi) : les substances étrangères ou les agents infectieux auxquels il est exposé, mais aussi ses propres constituants altérés (comme des cellules tumorales). La réponse immunitaire est déclenchée suite à la pénétration d'un agent étranger dans l'organisme et elle doit s'arrêter après l'élimination de cet agent étranger.


Le "Soi" et le "Non-Soi"

La transfusion sanguine
Le système ABO

Pour préciser comment l'organisme est capable de reconnaître le "SOI" et le "NON SOI", on mélange des gouttes de sang de trois sujets A, B et C.

Agglutination ABO
Expérience de mélange de sang — Agglutination

Le sang du sujet A et celui du sujet B sont compatibles, on a donc une tolérance d'où l'absence d'une agglutination. Par contre, le sang du sujet B et celui du sujet C sont incompatibles, on a une intolérance d'où l'agglutination. L'agglutination est une réponse immunitaire qui confirme la présence du "NON SOI".

L'agglutination est une réaction spécifique entre les hématies et des molécules contenues dans le plasma.

On a montré la présence des protéines marqueurs du SOI à la surface membranaire des hématies, il s'agit des glycoprotéines appelées des agglutinogènes. Il existe deux types : les agglutinogènes A et les agglutinogènes B. On distingue quatre types d'hématies :

Hématies A : qui présentent uniquement les agglutinogènes A
Hématies B : qui présentent uniquement les agglutinogènes B
Hématies AB : qui présentent les agglutinogènes A et les agglutinogènes B
Hématies O : qui ne présentent pas d'agglutinogènes (ni A ni B)

Dans le plasma on a trouvé des molécules spécifiques capables de réagir avec les agglutinogènes A et B, il s'agit des agglutinines ou des anticorps : les anti-A et les anti-B.

Tableau groupes sanguins
Composition des quatre groupes sanguins [A], [B], [AB] et [O]
Test agglutination
Réaction spécifique agglutinogène / agglutinine

Pour déterminer les groupes sanguins des individus, on utilise les sérums test anti-A et anti-B :

Groupes SanguinsAnti-AAnti-B
Groupe O
Groupe AAgglutination
Groupe BAgglutination
Groupe ABAgglutinationAgglutination

Le système ABO est contrôlé par un gène autosomal triallélique (A, B, O) tel que :

L'allèle A détermine la synthèse de l'antigène A
L'allèle B détermine la synthèse de l'antigène B
L'allèle O ne détermine la synthèse d'aucun antigène. Avec A codominant B, A domine O et B domine O
Principe de la transfusion sanguine :
– Il faut considérer les agglutinogènes chez le donneur et les agglutinines chez le receveur.
– Il ne faut pas ajouter un antigène à un receveur qui possède l'agglutinine correspondante.
Le système Rhésus

Les individus qui présentent un groupe sanguin positif possèdent un antigène marqueur du soi à la surface membranaire de leurs hématies : l'antigène Rh⁺. Ceux qui ont un groupe sanguin négatif ne possèdent pas l'antigène Rh⁺.

Les individus [Rh⁻] synthétisent des anticorps anti-Rh⁺ si on leur introduit les antigènes Rh⁺. Le facteur Rhésus est contrôlé par un caractère héréditaire (Rh⁺, Rh⁻) tel que l'allèle Rh⁺ domine l'allèle Rh⁻.

La maladie hémolytique du nouveau-né

La maladie hémolytique du nouveau-né ne peut infecter que les enfants [Rh⁺] issus d'une mère [Rh⁻]. L'enfant atteint doit être précédé par la naissance d'un enfant [Rh⁺] sain.

Au cours de la première grossesse, au moment de l'accouchement, quelques hématies du fœtus [Rh⁺] peuvent passer vers la mère [Rh⁻] qui déclenche une réponse immunitaire et synthétise des anticorps anti-Rh⁺.

Au cours de la deuxième grossesse, les anticorps anti-Rh⁺ traversent le placenta et passent vers le fœtus [Rh⁺] provoquant une agglutination et la lyse de ses hématies.

Maladie hémolytique du nouveau-né
Mécanisme de la maladie hémolytique du nouveau-né

Les expériences de greffe et de transplantation

Expériences de greffe
Autogreffe, allogreffe et xénogreffe

Le rejet du greffon obtenu dans les cas de l'allogreffe et la xénogreffe correspond à une réponse immunitaire qui confirme l'incompatibilité tissulaire entre les cellules greffées et les cellules du receveur.

Cette incompatibilité est due à la présence des antigènes marqueurs du soi à la surface de toutes les cellules nucléées de l'organisme. Ces antigènes marqueurs du soi sont codés par des gènes liés et polyalléliques qui forment un complexe appelé le Complexe Majeur d'Histocompatibilité (CMH). Chez l'espèce humaine, le CMH s'appelle le HLA.

HLA / CMH
Le Complexe Majeur d'Histocompatibilité (CMH / HLA)

On distingue deux classes de HLA / CMH :

HLA / CMH I : à la surface de toutes les cellules nucléées — intervient dans le rejet de greffe
HLA / CMH II : à la surface de cellules immunitaires : lymphocytes et macrophages

Les propriétés de la réponse immunitaire spécifique

L'acquisition
Acquisition de la réponse immunitaire
La réponse immunitaire est acquise — exemple de la vaccination

La souris B a déclenché une réponse immunitaire contre l'anatoxine tétanique, elle est donc immunisée grâce à la vaccination. La réponse immunitaire est acquise par le vaccin.

La spécificité
Spécificité de la réponse immunitaire
La protection contre le tétanos ne protège pas contre la diphtérie

La protection acquise contre le tétanos ne protège pas la souris C contre la diphtérie — la réponse immunitaire est donc spécifique.

La mémoire

Des lymphocytes ayant eu un 1er contact avec un antigène sont toujours conservés : on parle de lymphocytes mémoire.

Si un 2ème contact a lieu avec le même antigène, ils se multiplient plus vite, produisent plus d'anticorps. La réponse immunitaire secondaire est plus forte et plus rapide que la réponse primaire.

La vaccination utilise cette propriété :

On présente à l'organisme des microbes atténués ou des antigènes sans pouvoir pathogène (anatoxines)
On présente une 2ème fois les antigènes aux lymphocytes afin de renforcer la réponse immunitaire
En cas de contamination ultérieure, le système immunitaire est prêt à répondre très fort et très vite
Réponse primaire et secondaire
Comparaison de la réponse primaire et de la réponse secondaire
La transférabilité
Transférabilité de l'immunité
Transfert de l'immunité par sérum d'une souris immunisée

La souris B est protégée par le sérum de la souris A immunisée contre le tétanos — on a donc un transfert de l'immunité de la souris A immunisée à la souris B non immunisée.

La diversité

L'injection d'un antigène X déclenche une réponse immunitaire par la synthèse des anticorps anti-X, l'injection d'un antigène Y déclenche une réponse immunitaire par la synthèse des anticorps anti-Y… Les anticorps synthétisés sont différents puisque les antigènes sont différents et puisque la réponse immunitaire est spécifique. La réponse immunitaire est donc caractérisée par une diversité.


Les voies de la réponse immunitaire spécifique

La RIMH — Réponse Immunitaire à Médiation Humorale
RIMH
Expérience de transfert — RIMH

Le sérum de la souris A immunisée contre le tétanos protège la souris B contre la toxine tétanique, par contre les lymphocytes de la souris A sont incapables de protéger la souris C. On a un transfert de l'immunité par l'intermédiaire du sérum qui contient des anticorps — il s'agit donc d'une réponse immunitaire à médiation humorale (RIMH).

La RIMC — Réponse Immunitaire à Médiation Cellulaire
RIMC
Expérience de transfert — RIMC

Les lymphocytes de la souris A immunisée contre la tuberculose protègent la souris C contre le bacille de Koch, par contre le sérum de la souris A est incapable de protéger la souris B. On a un transfert de l'immunité par l'intermédiaire des lymphocytes (cellules) — il s'agit d'une réponse immunitaire à médiation cellulaire (RIMC).


Les organes et les cellules lymphoïdes

La réponse immunitaire spécifique est assurée par des cellules immunitaires : des leucocytes (globules blancs). On distingue des lymphocytes, des monocytes qui se transforment en macrophages et des granulocytes qui se transforment en polynucléaires. Toutes les cellules immunitaires sont nées au niveau de la moelle osseuse rouge.

NaissanceMaturation
Lymphocytes BMoelle osseuse rougeMoelle osseuse rouge
Lymphocytes TMoelle osseuse rougeThymus

Les lymphocytes B (LB) et les lymphocytes T (LT) sont nés au niveau de la moelle osseuse rouge à partir des cellules souches lymphoïdes. Les pré-B restent dans la moelle osseuse et complètent leur maturation pour donner des LB immunocompétents. Les pré-T migrent vers le thymus où ils terminent leur maturation pour donner des LT immunocompétents (LT₄ et LT₈). Les LB et les LT quittent respectivement la moelle osseuse et le thymus pour aller vers les organes lymphoïdes secondaires (les ganglions lymphatiques, la rate et les amygdales).

Maturation des lymphocytes
Maturation des lymphocytes LB et LT

La maturation des lymphocytes LB et LT consiste à une acquisition de l'immunocompétence grâce à la synthèse des récepteurs membranaires :

La synthèse des immunoglobulines (Ig) pour les LB
La synthèse des TCR pour les LT (LT₈ et LT₄)
Structure des immunoglobulines
Structure d'une immunoglobuline (Ig / Anticorps)

Les immunoglobulines (Ig) sont des glycoprotéines formées de quatre chaînes identiques deux à deux : deux chaînes légères (L) et deux chaînes lourdes (H). Chaque LB ne peut synthétiser qu'un seul type de Ig et par conséquent ne peut reconnaître qu'un seul type d'antigène (un seul épitope ou déterminant antigénique). On dispose donc d'un répertoire complet des LB différents par leurs Ig.

Diversité des anticorps
Diversité des anticorps
Structure du TCR
Structure du TCR (récepteur des lymphocytes T)

Les TCR sont formés de deux chaînes identiques. Les extrémités des zones variables représentent le site de reconnaissance de l'antigène qui présente deux sites de fixation : un site de fixation de l'antigène (épitope) et un site pour le CMH (HLA).


Le déroulement de la réponse immunitaire

Phase d'induction

Cette phase est caractérisée par la reconnaissance de l'antigène, la coopération entre les cellules immunitaires (LB, LT et macrophage) et l'activation des lymphocytes (LB, LT₄ et LT₈).

La reconnaissance de l'antigène
Reconnaissance directe et simple de l'antigène pour les macrophages et les LB : ces cellules sont capables de reconnaître des antigènes libres grâce à des récepteurs membranaires.
Reconnaissance indirecte et double de l'antigène pour les LT₄ et les LT₈ : ces cellules reconnaissent l'antigène associé au CMHI ou au CMHII grâce à leurs récepteurs membranaires les TCR. Les LT₄ reconnaissent l'antigène associé au CMHII, par contre les LT₈ reconnaissent l'antigène associé au CMHI. Les LT₄ et les LT₈ nécessitent une cellule présentatrice de l'antigène : une CPAg (macrophage ou LB).
La coopération cellulaire et l'activation des lymphocytes

La RIMH et la RIMC nécessitent une coopération cellulaire entre les macrophages, les LB et les LT.

Coopération directe par contact direct entre les lymphocytes et le macrophage : entre macrophage et LT₈, entre macrophage et LT₄ et entre LB et LT₄.
Coopération indirecte par l'intermédiaire des substances chimiques appelées les interleukines (IL₁ et IL₂).
IL₁ est sécrétée par le macrophage pour activer les LT₄ et les LT₈.
IL₂ est sécrétée par les LT₄ activés par IL₁, pour activer les LT₈ et les LB et pour une auto-activation (activation de LT₄).
Phase d'induction
Phase d'induction — coopération cellulaire
Coopération cellulaire
Schéma de la coopération cellulaire
Phase d'amplification et de différenciation

Les lymphocytes activés (LB, LT₄ et LT₈) subissent une multiplication active par des mitoses successives pour donner des clones qui comportent des lymphocytes mémoires et des lymphocytes effecteurs. Les lymphocytes mémoires interviennent au cours de la réponse immunitaire secondaire. Les lymphocytes effecteurs subissent une différenciation pour donner des cellules différenciées :

Les LB effecteurs se différencient en plasmocytes sécréteurs d'anticorps libres (anticorps sériques)
Les LT₄ effecteurs se différencient en LT auxiliaires (LTa / LTh) sécréteurs d'interleukine 2 (IL2)
Les LT₈ effecteurs se différencient en LT cytotoxiques (LTc) sécréteurs de perforines pour assurer la lyse des cellules infectées
Un groupe de LT₈ effecteurs se différencie en LT suppresseurs (LTs) qui interviennent après l'élimination de l'antigène pour supprimer la réponse immunitaire
Phase d'amplification
Phase d'amplification et de différenciation
Amplification LB
Amplification et différenciation des LB
Amplification LT8
Amplification et différenciation des LT₈
Phase effectrice
Dans le cas de la RIMH

Les anticorps libres synthétisés et sécrétés par les plasmocytes réagissent avec l'antigène pour former un complexe immun — on a une neutralisation de l'antigène. Le complexe immun est par la suite détruit par :

Le complément : ensemble des molécules (enzymes) qui se fixent sur le complexe immun et provoquent sa lyse
Opsonisation : le complexe immun est phagocyté par une cellule phagocytaire (macrophage ou polynucléaire)
Médiation humorale
Réponse à médiation humorale — RIMH
Dans le cas de la RIMC

Les lymphocytes LTc reconnaissent l'antigène associé au HLA I grâce à leurs récepteurs (le TCR). Cette fixation déclenche la libération des perforines et des enzymes. Les molécules de perforine se polymérisent sur la membrane des cellules infectées, créant des canaux favorisant l'entrée d'eau et des enzymes hydrolytiques provoquant la lyse des cellules infectées.

Médiation cellulaire
Réponse à médiation cellulaire — RIMC (lyse par perforines)
Résumé : La réponse immunitaire spécifique comporte trois phases — Induction (reconnaissance + coopération + activation), Amplification/Différenciation (clonage des lymphocytes), et Effectrice (RIMH par anticorps ou RIMC par LTc). Elle possède les propriétés d'acquisition, de spécificité, de mémoire, de transférabilité et de diversité.
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